Les monastères bouddhistes du Zanskar

Immersion dans le “Petit Tibet”

Soudain c’est l’explosion, les longues trompes sont entrées en action avec tambours et cymbales, concerto tonitruant écorché par les notes aigrelettes des hauts-bois.

De quoi vous donner la chair de poule, une intense émotion vous submerge.

Opéra ou hard rock ? Non, rituel tantrique dans un monastère bouddhiste de l’Himalaya, plus précisément à Karsha au Zanskar.

La nuit n’était pas terminée que les moines s’étaient rassemblés dans ce temple glacial. Dans la lueur tremblante des lampes à huile et entre deux tasses de thé au beurre bouillant, servi par des moinillons, ils avaient enchaîné la déclamation de prières en un chant de gorge lancinant, un bourdon grave continu.

La puja se termine, les silhouettes drapées de longues robes rouges et ocre se dirigent vers la sortie du Dukhang. Il fait à peine jour. Les premiers rayons de soleil font scintiller les sommets enneigé qui s’alignent à l’horizon.

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Qu’en est-il du Zanskar ?

La région du Zanskar fait partie du Ladakh, dans l’Himalaya indien, nouvellement territoire de l’Union Indienne et donc dissocié du Jammu-et-Cachemire. C’est un thesil, sous-district, rattaché à Kargil la deuxième ville du Ladakh après Leh sa capitale.

Padum, un petit bourg, en est le centre commercial et administratif.

On compte moins de 14 000 habitants au Zanskar répartis dans une trentaine de hameaux implantés entre 3 400 m d’altitude pour Hanamur et 4 250 mètres pour Shade le plus isolé.

Les seules terres habitées et cultivées se limitent à trois vallées, celles de la rivière Zanskar et de ses deux affluents. Le reste du territoire est constitué de chaines de montagnes de l’Himalaya.

Le sol est pauvre et les cultures clairsemées. L’économie locale est davantage tournée vers l’élevage et la collecte des herbes médicinales.

En été pour accéder au Zanskar vous avez deux possibilités, par la route depuis Kargil et le col du Pensi ou à pied par un sentier et quelques cols depuis Lingshed. En 2020 une nouvelle route permettra d’arriver au Zanskar depuis la ville de Manali au sud via le col du Shingo.

L’hiver peut durer six mois et les cols sont alors enneigés et impraticables, la solution est de remonter la rivière Zanskar qui a gelé, c’est le Chadar.


Le
bouddhisme au Zanskar

Le Zanskar est à grande majorité bouddhiste avec une forte présence musulmane à Padum.

Le bouddhisme pratiqué est le Vajrayana, bouddhisme tantrique ou bouddhisme tibétain.

Depuis son origine la philosophie bouddhique s’est toujours adaptée aux évolutions de la pensée et aux nouvelles conditions de vie tout en restant fidèle aux principes fondamentaux.

 

L’école bouddhique initiale a été désignée un peu péjorativement par Hinayana, petit véhicule. C’est une pratique personnelle basée sur les textes originaux et où seuls les moines peuvent espérer l’éveil. Aujourd’hui de cette école ne subsiste que le Theraveda que l’on trouve à Sri Lanka et en Asie du sud-est, Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge, Vietnam.

 

Le second développement prendra le nom de Mahayana, grand véhicule, ou nouvelle école de sagesse. Il élargit la base des enseignements à des textes plus récents, ouverts à tout un chacun, et développe l’altruisme par la recherche de l’éveil pour tous. On le rencontre principalement en Chine, au Vietnam, en Corée et au Japon.

 

Ensuite dans le nord de l’Inde, influencé par les pratiques de l’hindouisme shivaïte, yoga et méditation, a émergé le Vajrayana, véhicule de diamant. Il a développé nombre de textes ésotériques, les tantras, et de rituels complexes. Le Vajrayana rend possible l’accès à l’éveil en l’espace d’une vie. Sa pratique ne peut se faire sans les instructions d’un maître spirituel, le Lama.

Depuis l’Inde il s’est propagé dans les régions himalayennes, Tibet, Népal, Bhoutan, Sikkim, en Chine puis en Mongolie, l’est de la Russie et au Japon.

 

Le bouddhisme tibétain se divise en quatre lignées principales :

  • L’école Nyingmapa, la tradition la plus ancienne qui remonte à Padma Sambhava.
  • L’école Kagyupa, école de la transmission orale.
  • L’école Sakyapa, école de l’érudition.
  • L’école Gelugpa, la plus récente qui à l’érudition ajouta la rigueur. Le Dalaï Lama en est le chef spirituel.

 

Les deux seuls ordres représentés au Zanskar sont les Gelugpa et les Drukpa-Kagyu.

Parmi la dizaine de monastères bouddhistes les deux incontournables sont ceux de Karsha et de Phuktal.

On trouve également dix petites « nonneries » essentiellement Gelugpa.

 

Voici une carte référençant les principaux monastères et nonneries bouddhiques du Zanskar dont nous allons vous parler plus en détails ci-dessous :

Le monastère de Rangdum

Depuis Kargil la route s’élève progressivement en remontant la vallée de la Suru. Après une centaine de kilomètres se dressent devant vous à portée de main les sommets enneigés du Nun 7135 m et du Kun 7077 m avec le glacier Kangriz qui s’écoule jusqu’aux abords de la route.

 

Encore 50 km et vous arrivez sur un plateau à 3900 m avec en son centre perché sur un monticule le monastère de Rangdum de l’ordre Gelugpa. Il a été fondé au XVIII-ème siècle par Lobsang Geleg Yeshe Drogpa.

Au pied du monastère sont implantés une école et un camp de tentes pour touristes.

20 km plus loin c’est le col du Pensi à 4400 m décoré de lungta (drapeaux de prière), avec de petits lacs glaciaires turquoise et le magnifique glacier Darang-Durung (ou Drang-Drung) qui déploie sa langue sur une dizaine de kilomètres. Après le col des doksa, bergeries d’altitude, sont occupées par des femmes zanskarpa pendant les mois d’été. Vous pouvez y déguster un délicieux zho (prononcez jo), yaourt maison 100% bio.

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Le monast
ère de Karsha

La descente se poursuit dans la vallée de la Doda pour arriver au cœur du Zanskar. En restant sur la rive gauche de la rivière Doda vous traversez plusieurs petits villages typiques pour finalement arriver à Karsha, un gros village surmonté de l’imposant monastère Gelugpa de Karsha Chamspaling fondé par Pagpa Sherab le Traducteur au XII-ème siècle. C’est le plus grand monastère bouddhiste du Zanskar. Une petite centaine de moines y résident, un nombre qui diminue inexorablement année après année comme dans tous les autres monastères, les vocations se font plus rares contrairement aux moniales de plus en plus nombreuses. Ses bâtiments blanchis s’étagent sur une colline qui surplombe la plaine de Padum. Montez sur les plus hauts toits-terrasses pour un panorama à couper le souffle, souffle déjà court après cette grimpette.

 

Une fois passé les habitations des moines tout en vous hissant d’une marche à l’autre vous atteignez la cour du monastère sur laquelle donnent le Dukhang et le Gonkhang.

Le Dukhang est la salle de réunion des moines, une pièce sombre soutenue par des piliers de bois et remplie de banquettes garnies de tapis. Les murs sont couverts de peintures représentant différentes divinités et de nombreux thangkas (peinture sur toile souple) pendent du plafond. Au fond quelques statues sont exposées derrière de grandes vitres et on y trouve des exemplaires du Kangyur et du Tengyur. Le Kangyur regroupe en 108 volumes les paroles du Bouddha et les 224 volumes du Tengyur des commentaires sur les enseignements du bouddhisme. Un siège surélevé est réservé au Dalaï Lama représenté par une photo. Celui-ci se rend régulièrement au Zanskar. Son frère cadet Ngari Rinpoché est le directeur spirituel. du monastère de Karsha.

C’est dans le Dukhang que se rassemblent les lamas, trapas (apprentis lama) et moinillons pour prier lors des pujas, cérémonies auxquelles vous pouvez assister très tôt le matin.

 

Le Gonkhang est la salle des protecteurs. Elle est totalement obscure et contient des statues de divinités sous leur forme courroucée et effrayante, une des spécificités du bouddhisme tibétain. Elles personnifient les protecteurs du dharma, l’enseignement du bouddhisme. Les visages des statues sont souvent recouverts de khatas (fine écharpe) ou d’un voile, peut-être pour ne pas effrayer les visiteurs… La plupart du temps les femmes ne sont pas autorisées à entrer dans le Gonkhang. On retrouve dans ces représentations des réminiscences de l’ancienne religion Bön du Tibet qu’a intégrée le bouddhisme Vajrayana.

 

Au-dessus du monastère subsistent quelques ruines, sans doute d’un ancien dzong (forteresse). De l’autre côté de la rivière qui partage le village en une faille profonde on retrouve des ruines identiques, la nonnerie et le Chuchikjal Lhakhang. Ce Lhakhang (temple), daté du XI-ème siècle, abrite des mandalas en tissu et une immense statue d’Avalokiteshvara (Chenrezig) à onze têtes d’où son nom, chuchik= onze et jal=visage. Au-dessus du Lhakhang s’élève un très vieux chorten (stupa) Kadampa (ancienne école bouddhiste) de la même période. Sa restauration récente à mis en valeur d’anciennes peintures et statues ensevelies sous des centaines de tsa-tsa (petits moulages d’argile).

 

Les 28ème et le 29ème jours du sixième mois du calendrier tibétain, courant juillet, vous pouvez assister au festival de Gustor et aux danses masquées des moines, les chams.

En février se tient le festival de Nyung Ne, une cérémonie de jeûne et de purification.

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Le monastère de Zongkhul

Avant Karsha et juste après le village de Phey un pont carrossable vous permet de traverser en rive droite de la rivière Doda. Face à vous s’ouvre une vallée aride remplie de rochers qui mène au col de Umasi. Après 4 à 5 km la route se termine sur quelques bâtiments au pied d’une falaise. C’est le monastère de Zongkhul d’obédience Drukpa Kagyu associé au yogi Naropa qui aurait médité dans une grotte de la falaise. Naropa vécut entre le X-ème et XI-ème siècle, c’est un des fondateurs de la lignée Kagyupa avec Tilopa son maître et Marpa son élève, puis Milarepa.

Le monastère de Zongkhul est réputé au Zanskar pour avoir accueilli tout au long de son histoire des yogis réputés.

Un temple abrité sous un impressionnant auvent rocheux donne accès à une première grotte via un escalier puis une trappe. Dans la roche noire on aperçoit au plafond l’empreinte d’un pied laissée par Naropa. Des pièces de monnaies sont collées à la paroi, offrandes laissées par les pèlerins qui se mouillent la tête avec l’eau sacrée qui suinte de la roche.

Les salles inférieures abritent des thangkas et quelques statues dans des vitrines.

De l’extérieur des marches bien raides conduisent plus haut dans la falaise à la grotte de méditation de Naropa ornée de peintures anciennes et de statues de Naropa et Vajradhara le Buddha primordial pour les Kagyupa.

Les 15ème et le 16ème jours du quatrième mois du calendrier tibétain (en juin) se tient le festival de Nyung Ne avec le déploiement d’un grand thangka représentant Naropa.

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Le monastère de Sani

Toujours sur la rive droite de la rivière Doda et plus en aval vers Padum vous arrivez au monastère de Sani dans le village du même nom. Etonnamment il n’est pas perché mais s’étale dans la plaine protégé simplement par un mur d’enceinte. Cette architecture est similaire au monastère de Alchi au Ladakh et à celui de Tabo au Spiti. Tout comme Zongkhul il est d’obédience Drukpa Kagyu et vénère plus particulièrement Padmasambhava et Naropa.

L’élément le plus ancien est le chorten Kanishka du nom d’un souverain Kouchan qui régna sur une partie de l’Asie vers le début du II-ème siècle, période qui fut propice à l’expansion du bouddhisme en Asie Centrale.

Sani est certainement le plus ancien sanctuaire bouddhiste du Zanskar datant d’avant l’implantation du bouddhisme tibétain.

Le Dukhang est plus récent et date du XVII-ème siècle. Comme souvent des thangkas pendent du plafond et des statues sont protégées derrière des vitrines. Derrière l’autel une grande bibliothèque contient les volumes du Kangyur et des statues dans des niches. A l’extérieur un corridor couvert, où s’alignent les moulins à prière, en fait le tour, c’est le nangkhor. Il est d’usage pour les visiteurs d’emprunter trois fois le nangkhor en faisant tourner les moulins avant de pénétrer dans le Dukhang.

A l’arrière près du chorten Kanishka une petite chapelle dont l’intérieur est recouvert de motifs et statuettes en stuc vivement coloré. Elle contient surtout une statue en bronze de Naropa. Cette statue sacrée est cachée derrière un voile retiré une fois l’an la veille du festival de Nasjal le 15ème jour du 6ème mois tibétain. A cette occasion les moines du monastère de Bardan viennent exécuter des danses masquées.

Une série de grandes pierres plates sculptées sont érigées près d’un chorten à l’extérieur de l’enceinte. La plus haute atteint deux mètres et représente Maitreya (Chamba).

C’est un lieu de crémation pour les bouddhistes du Zanskar.

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Le monastère de Padum

8 km plus loin vous arrivez à Padum la « capitale » du Zanskar. La communauté musulmane y est importante et dispose d’une mosquée sunnite.

Plus au sud sur une colline ombragée a été construit au XVII-ème siècle le monastère de Tagrimo également d’obédience Drukpa Kagyu.

Les 28ème et le 29ème jours du neuvième mois du calendrier tibétain, novembre, se tient le festival de Gustor avec danses masquées des moines.

 

Près des berges de la rivière Lungnak (ou Lingti) un sentier pavé de rouge mène à une énorme roche sculptée sur deux côtés. Au sud on reconnait les cinq Dhyani Bouddhas (Bouddhas de sagesse ou de méditation) assis au-dessus d’animaux, un Bouddha debout et d’autres personnages plus petits, et des stupas un peu partout.

Encore 2 km et c’est Pipiting et son immense chorten blanc planté sur une colline. Juste au-dessous du chorten un vieux temple et quelques maisons.

Les rivières Lungnak et Doda se rejoignent un peu plus haut pour former la rivière Zanskar qui se jette dans l’Indus près de Nimu au Ladakh.

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Le monast
ère de Stongde

Depuis Pipiting vous devez traverser le pont sur la Lungnak pour vous rendre à Stongde sur la rive droite de la rivière Zanskar à une quinzaine de kilomètres.

Le monastère Gelugpa de Stongde Marpaling est perché 200m au-dessus du village. On y accède par un sentier ou plus facilement par la route. De là-haut la vue est imprenable sur le village et le patchwork des champs d’orge qui sera transformée en farine ou de petits-pois qui séchés sont très appréciés des chevaux et du bétail. A gauche c’est la plaine de Padum, à droite la vallée de la Zanskar. Le contraste est saisissant entre la grisaille des pentes arides des montagnes de l’Himalaya et le vert du fond de vallée.

Le monastère de Stongde aurait été fondé au XI-ème siècle par Marpa, disciple de Naropa, après qu’il ait séjourné dans une grotte, tout comme Naropa pour Zongkhul. La construction des bâtiments remonte au XIII-ème siècle. A l’origine donc il observait les enseignements Drukpa Kagyu avant de suivre la réforme Gelugpa sous l’égide d’un nouveau maître.

Avec une cinquantaine de moines c’est le deuxième plus important monastère bouddhiste du Zanskar après celui de Karsha.

Parmi la demi-douzaine de temples ne manquez pas le Tsogkhang (salle de réunion des moines comme le Dukhang) avec ses peintures à l’or sur fond noir d’un effet saisissant.

Les 18ème et le 19ème jours du cinquième mois du calendrier tibétain, juin-juillet, se tient le festival de Gustor avec danses masquées des moines.

Comme un peu partout au Ladakh et au Zanskar les fêtes des monastères qui se déroulaient en hiver ont été déplacées en été, tourisme oblige.

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Le monastère de Bardan

Retour à Padum, direction plein sud. En remontant la vallée de la Lungnak par la route vous voici à Bardan. Ici pas de village, juste des chortens et le monastère de l’école Drukpa Kagyu qui date du XVII-ème siècle. Le monastère est construit sur un piton rocheux au-dessus d’un à-pic vertigineux qui plonge dans la rivière.

Les peintures du Dukhang qui ouvre sur la cour sont très abimées, noircies par la fumée et délavées par l’eau de pluie qui s’infiltre depuis les toits plats. On y retrouve thangkas, volumes du Kangyur et tout une statuaire derrière des vitrines. Au centre de l’autel trône une belle statue récente qui représente Shabdrung Ngawang Namgyal le fondateur de la lignée Drukpa Kagyu au Bhoutan à laquelle sont rattachés tous les monastères Drukpa Kagyu du Zanskar et du Ladakh.

Dans la cour notez les têtes d’animaux empaillés et un moulin à prière en cuivre et laiton d’une hauteur d’homme.

Le 14ème jour du quatrième mois tibétain se déroule un festival avec danses masquées.

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Le monastère de Mune

Encore 6 à 7 km et vous voici à Mune avec son petit monastère Gelugpa entouré des maisonnettes des quelques moines.

Dans le Dukhang très coloré la statue centrale représente Maitreya (Chamba) le prochain Bouddha à venir, flanquée de chaque côté par des niches remplies de statues ainsi que la bibliothèque. Au plafond on voit très bien les branches de saules entrelacées qui forment la structure du toit.

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Le monastère de Phuktal

Toujours plus au sud en remontant la vallée vous arrivez à Purne où la rivière Tsarap vient se jeter dans la Lungnak. Il vous faut changer de vallée et passer deux ponts car c’est sur la rive droite de la Tsarap qu’est implanté le monastère de Phuktal, la perle du Zanskar. Le monastère a été fondé par Pagpa Sherab le Traducteur au XII-ème siècle et a suivi la réforme de l’école Gelugpa au XV-ème siècle.

Les premiers temples ont été construits dans une immense grotte au centre d’une falaise qui surplombe la Tsarap. De cette grotte s’écoule une source miraculeuse qui ne s’est jamais tarie et un grand chorten blanc se dresse dans le fond. Au-dessus de la grotte sur un replat un arbre, c’est un beau genévrier en pleine santé.

C’est toujours un choc émotionnel de découvrir ou de retrouver ce fameux monastère. Des cubes blancs, les habitations des moines, s’égrainent contre la paroi, certaines sont carrément suspendues sur le vide. La vue depuis les toits est vertigineuse.

En 1825 un hongrois Alexandre Csoma de Korös séjourna au monastère pendant un an. C’est lui qui rédigea le premier dictionnaire de Tibétain classique.

Un peu avant les bâtiments un sentier sur la gauche peu visible car à contre-sens s’élève jusqu’à 8 chortens. Depuis ce spot vous avez un panorama unique et polychrome sur la vallée avec le gris et l’ocre des rochers, le blanc du monastère, le bleu transparent de la Tsarap, le vert des champs du village de Yugar sur l’autre rive. Il faut poursuivre jusqu’au genévrier avant que le sentier redescende après le monastère. Vous venez de réaliser la khora du gonpa, c’est à dire la circumambulation du monastère. Une pratique partagée par tous les pèlerins.

 

A Phuktal un amchi, spécialiste de la médecine traditionnelle tibétaine (Sowa-Rigpa, ou Sorig en abrégé), donne régulièrement des consultations pour la communauté et propose une médication à base de plantes et minéraux préparées pour la plupart dans le monastère.

 

Les 18ème et 19ème jours du douzième mois tibétain (février) se tient le festival de Gustor avec danses masquées des moines.

Du 2ème au 5ème jours du 6ème mois tibétain se tient le festival de Nyung Ne, une cérémonie de jeûne et de purification.

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Les nonneries du Zanskar

Même si le mot nonnerie est un néologisme il apparait un peu mieux adapté que couvent. Les termes utilisés au Zanskar sont ani gonpa, chomo gonpa ou chomoling.

Les moniales ont été longtemps peu considérées, les points de vue ont évolué ces dernières décennies, elles ne sont plus seulement considérées comme des femmes refusant de se marier mais comme des femmes qui comme les hommes recherchent l’éveil spirituel et méritent d’être reconnues comme telles.

On compte dix nonneries au Zanskar. La plus ancienne est celle de Dorje Dzong, suivie de celle de Tungri. Ces deux nonneries étaient à l’origine des monastères de moines avant d’être occupés par des moniales.

Ce sont de petites structures et elles suivent toutes l’enseignement Gelugpa à l’exception de celle de Sani qui est Drukpa-Kagyu.

 

Dans la vallée de la Doda on trouve : Kyagam Phagmo Ling, Manda Padma Choling, Tungri Phuntsog Ling, Sani Kachod Ling, Rizhing Dorje Dzong, Karsha Chuchikjal Kachod Grubling.

Dans la vallée de la Zanskar : Pishu Namgyal Choling et Zangla Changchub Choling.

Dans la vallée de la Lingti : Cha Dolma Choling.

Sur la route Manali-Leh à hauteur de Sarchu : Chumig Gyartse Namtak Choling.

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Michel Birouste

 

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Crédit photo : Michel Birouste avec nos remerciements.