Les treks du Zanskar

Zanskar, en route pour des découvertes de paysages vertigineux et des rencontres inoubliables

 

Pourquoi choisir le Zanskar pour son trek ?

 

Avant tout il faut dire que le Zanskar s’adresse aux amoureux des grands espaces, aux passionnés de paysages grandioses et spectaculaires, aux enthousiastes des treks et des randonnées mythiques, à ceux qui sont en quête d’authenticité….vous n’en ressortirez pas indemnes.

 

Un peu de géographie

 

A l’extrême nord de l’Inde la vallée du Zanskar se niche au coeur des plus hauts sommets du monde : le choc esthétique est immédiat, on s’emballe face à tant de beauté.

Située dans la plus haute vallée peuplée de l’Himalaya, cette région fait partie du district du Ladakh et appartient à l’état du Jamu-et-Cachemire.

 

Le Ladakh est  divisé en 5 régions :

– au nord le Ladakh central enveloppant la vallée de l’Indus où se trouve Leh la capitale

-le haut Ladakh avec les vallée des rivières Shyok et Nubra modérément peuplées et jouissant d’un climat relativement doux

-à l’ouest le bas Ladakh ou Purig, au climat tempéré,comprend la région de Kargil près de la frontière indo-pakistanaise

– au sud-est le Rupshu est une région de hauts plateaux excédant 4000m au climat froid et habité par des populations nomades

– enfin au sud le Zanskar

De hauts plateaux désertiques et des paysages minéraux à couper le souffle forment un royaume caché que le monde moderne a oublié.

Le Zanskar s’étend entre les plus hautes montagnes de la planète : le Karakoram et l’Himalaya. Son nom « Zanskar » désigne aussi la rivière principale qui traverse cette région et se jette dans l’Indus au niveau de Nimu au Ladakh. Les autochtones l’appellent « Tchadar »(la piste de la fée) durant l’hiver . Cette rivière gelée constitue alors la seule voie de communication avec le Ladakh. Le relief très montagneux rend cette région très difficile d’accès, c’est un des endroits habités les plus hauts du monde : des plateaux à 3600m et des sommets à 6000m….Zanskar un authentique bout du monde.

 

Le climat est rude en hiver de -20°C à -35°C mais en été c’est chaud et sec les températures peuvent atteindre de 30° à 35°C en journée et descendent à 5°C la nuit. Les précipitations sont faibles.

Le Zanskar  a la taille d’un département français  et sa capitale Padum ressemble à un gros village. C’est là que réside le pouvoir économique et politique. Environ 15 000 personnes sont réparties en 25 unités villageoises.

La population a une faible densité ( 2hab/km²) . Société sédentaire de paysans et d’artisans, les Zanskarpas vivent de l’agriculture ( orge, petits pois, luzerne) et de l’élevage des moutons, de yaks et de chèvres. L’orge qui s’adapte bien aux conditions d’un sol pauvre et peu irrigué est la culture principale de la population, sa farine (la tsampa) constitue la base de l’alimentation.

Cependant de nombreux fruits sont importés en camion du Ladakh et du Cachemire et pendant l’été les potagers fleurissent et toutes sortes de légumes cultivés par les villageois se rencontrent sur les marchés : épinards, petits pois frais, choux, pommes de terre, carottes, oignons, navets, quelques tomates.

Un bon nombre de ces légumes sont souvent mis à sécher pour être consommés l’hiver.

Un peu d’histoire

 

Vers 500/600 ans avant J.-C. Les tibétains venus du haut plateau du Nord-Est s’installèrent dans la vallée de l’Indus. À cette époque ils pratiquent la religion Bon. Avec le VIIe siècle, le grand lama Songsten Gampo apporte le boudhisme dans cette région du Ladakh. Cette influence va s’étendre au sud, à travers le Zanskar, vers les vallées du Cachemire actuel.

 

L’isolement caractéristique du Zanskar va permettre aux idées bouddhiques d’y perdurer jusqu’à nos jours alors que le Cachemire redevient musulman. Après une période d’indépendance relative et de guerres fratricides, le Zanskar est finalement annexé par le Ladakh au XVIIe siècle. Les rois du Ladakh et du Zanskar étant de la même famille, cela nous assure une période de paix.

 

Depuis 1842  le Ladakh et le Zanskar font partie de l’état du Jammu et Cachemire. C’est le seul état indien qui s’étend de part et d’autre de l’Himalaya. La situation est restée inchangée après l’indépendance de l’Inde en 1947.

Mais si Leh était la capitale du district du Ladakh, Padum ( capitale du Zanskar) choisit d’être rattachée au district de Kargil ( musulman)  afin de favoriser la construction de la seule piste – encore actuellement- qui permet de briser son isolement de mai à novembre.

 

Depuis le 31 octobre 2019, l’état de Jammu et Cachemire a été divisé en 2 territoires de l’union :

l’union du territoire de Jammu et Cachemire d’une part et l’union du territoire du Ladakh d’autre part. Le Zanskar reste rattaché au district de  Kargil mais celui-ci dépend du territoire du Ladakh.

 

 

Un peu de culture

 

Qu’est ce qu’on y mange ?

La nourriture apporte des informations importantes sur la culture et l’histoire d’un lieu.

Comme  le Zanskar est riche en culture et en histoire, y manger revient à faire un voyage dans le passé et revivre l’histoire de cette région .Et un des meilleurs moments pendant un voyage c’est de savourer les différents plats préparés par les habitants. Ce n’est pas une cuisine autant épicée  que la cuisine indienne, elle est plutôt simple et saine et l’influence tibétaine y est indéniable.

 

Quelques spécialités :

– les Momos : c’est, sans aucun doute le plat le plus célèbre dans cette région du monde.

Ce sont des raviolis farcis de viande ou de légumes. Dans les villages on trouve plutôt des momos végétariens. Les momos sont cuits à la vapeur dans une marmite appelée mokto qui a plusieurs compartiments troués et empilés les uns au dessus des autres. L’eau est bouilli dans le récipient le plus bas et la vapeur est utilisée pour cuire les momos ; ils ont de belles formes différentes en rond plissé et en demi-lune. Les momos peuvent aussi être frits et dans tous les cas se mangent avec une sauce un peu relevée.

Dans certains restaurants, vu la popularité des momos, on en sert au chocolat !

 

– le Thukpa est  le plat de base des habitants. C’est une soupe de nouilles avec des légumes assortis (pour les végétariens) et de la viande hachée (pour les non végétariens). Les nouilles sont faites de farine de blé ou d’orge. Le bouillon riche en saveurs, non seulement ravit les papilles mais réchauffe également les corps ; il existe différentes sortes de thukpa connues sous le nom de « theutuk », « pakthuk ».Cette soupe est très populaire auprès des habitants mais aussi des visiteurs.

-la Tsampa est une farine d’orge grillée  très nourrissante et très adaptée aux conditions de vie de cette partie du monde.

On peut aussi déguster du Chhurpe ( fromage de yak séché) et du Tingmo ( petit pain cuit à la vapeur)

 

Qu’est ce qu’on y boit ?

 

–  le chaï est un thé au beurre de yak qui se boit toute la journée. Il est préparé avec du beurre, du lait, du sel et brassé jusqu’à ce qu’il soit complètement mélangé aux feuilles de thé ; non seulement il procure de la chaleur mais maintient aussi le corps hydraté dans une zone froide et en haute altitude

– la bière locale ou Chhang est fabriquée à partir d’orge fermentée. Elle a une teneur en alcool de 5° à 7° et est souvent servie aux invités ou lors de festivités.

 

Comment vit-on ?

 

Mode de vie

La vie au Zanskar est rythmé par 2 saisons : un été chaud et un hiver froid et long.

L’été, les sédentaires travaillent aux champs. Après la récolte vient le temps du filage et du tissage. Les nomades, quant à eux, possèdent très peu de biens à part leurs tentes , leurs troupeaux, leurs vêtements et quelques effets d’usage courant. Ils tirent leur subsistance de la laine, des peaux et du beurre qu’ils échangent contre des céréales, des étoffes, des épices et du thé.

 

Ici il convient de faire une petite parenthèse et de rendre hommage au Yack : animal d’une importance primordial au Zanskar. Les yacks sont utilisés pour labourer la terre, transporter des charges lourdes (jusqu’à 200kg), et leurs excréments servent non seulement comme engrais mais aussi comme le seul carburant de chauffage disponible dans la région. Ils sont une source vitale de lait et parfois ( rarement) de viande ; par contre leurs fourrures sont utilisées pour fabriquer des vêtements, des tapis, des cordes, des couvre-lits.

 

Le mode de vie traditionnel des Zanskarpas est toutefois en voie de transformation. L’ouverture au tourisme et un meilleur accès aux biens de consommation modifient quelque peu leurs coutumes.

Cependant certains villages isolés et les vieux monastères accrochés à flanc de montagne permettent encore aux visiteurs de passage un fabuleux retour dans le temps et une incursion empreinte d’émotions au coeur du bouddhisme.

 

Religion

La population est composée principalement de 95 % de bouddhistes pratiquant le bouddhisme tibétain, le reste pratique un islam sunnite. Padum héberge la seule mosquée de la région.

La vie des Zanskarpas est totalement imprégnée de la religion bouddhiste et chaque acte de la vie quotidienne est prétexte à une cérémonie orchestrée par les moines ou les nonnes. Du lever au coucher et même la nuit les Zanskaris sont en union avec leurs dieux et le milieu naturel dont dépend leur survie. La religion prône bien sûr le respect de ce milieu naturel et les divinités sont omniprésentes : sur une montagne, au pied d’un arbre, à la naissance d’une source, au milieu d’un champ, ou au bord d’une rivière.

Presque chaque village possède son moulin à prières qui permet de réciter automatiquement des mantras ( formules sacrées) . Il est composé d’un cylindre  pouvant tourner librement autour d’un axe, à l’intérieur de longues bandes de papier et de tissu couvertes de mantras sont enroulées autour de  cet axe central. En faisant tourner un moulin à prières, on libère l’énergie positive accumulée dans les mantras qu’il contient. Une seule rotation permet de lire autant de formules sacrées que plusieurs heures de récitation. Le moulin doit être déplacé avec la main droite et être tourné dans le sens des aiguilles d’une montre afin que le mantra soit lu dans le sens où il a été écrit.

 

Selon les croyances populaires, les rotations des moulins à prière éloignent les mauvais esprits, les maladies et la malchance.La rotation symbolise le cycle des renaissances et le mouvement du soleil.

 

Un autre grand symbole de la religion bouddhiste au Zanskar est le stupa ou chorten. A l’origine les stupas étaient des monuments funéraires abritant des reliques d’un saint ou du bouddha ; ils contiennent parfois des cendres de grands lamas ou des textes sacrés. Ces monuments pieux se rencontrent partout sur le toit du monde ou sous forme de minuscules sculptures posées sur les autels ou sous forme d’édifices monumentaux dans lesquels sont creusées des chapelles.

Un stupa vivifie le lieu où il a été construit : col, vallée, entrée de village ou de monastère.

 

Une autre manière de manifester sa foi et de se concilier la bienveillance des divinités est de hisser des humbles morceaux d’étoffe où l’on inscrit des mantras. On en voit partout sur les chemins, les ponts, les terrasses, dans les cours des maisons et des temples, au sommet des cols et sur les stupas.

 

Dans chaque famille, un enfant garçon ou fille devient moine ou nonne. Il (ou elle) apprendra alors à lire, écrire, compter. Les moines ne sont pas cloîtrés et sont consultés à chaque moment important de la vie des familles : quel est le jour favorable pour commencer les labours, semer, récolter ; quand effectuer un déplacement ; bénir les semences, les yaks, les récoltes ; célébrer les naissances, les mariages, les crémations.

Comprendre la culture et les traditions au Zanskar est indissociable de ces manifestations religieuses : sur le toit ou à l’étage le plus haut, chaque maison possède une pièce avec un petit autel, sept coupes d’eau, des images de divinités, une photo du Dalaï Lama et des offrandes.

Chaque jour, matin et soir, le chef de famille vient devant cet autel réciter les prières pour la santé et le bonheur de ses proches.

 

 

École

La scolarisation des enfants est primordiale et indispensable dans cette région du monde très isolée ;  mais les écoles gouvernementales dispensent un enseignement insuffisant et irrégulier auquel n’ont pas accès tous les enfants . On trouve alors des écoles privées seulement accessibles aux enfants par « parrainage » : les frais de scolarité sont trop élevés pour une famille au Zanskar.

 

Encore aujourd’hui de nombreuses familles envoient un de leurs enfants étudier dans un monastère ; en principe c’est le deuxième garçon ou la deuxième fille qui est choisi .

Quelque que soit le mode de scolarité choisi poursuivre des études au Zanskar nécessite pour tous ces enfants d’être loin de leurs familles pendant de longs mois voire des années suivant la distance.

Mais pour les familles du Zanskar, il est très important que les enfants réussissent ( au moins un) leur scolarité et puissent mener de bonnes études .

 

Ces jeunes gens qui reviennent au pays après une longue absence représentent un immense espoir pour la région, autant son développement que son identité.

 

 

Qu’est ce qu’on voit ? qu’est ce qu’on fait ?

 

Visites de monastères

 

  • Lamayuru : plus proche de Leh, il est sans doute le plus visité de la région. Haut lieu de pèlerinage bouddhiste, il est possible d’y séjourner pour des retraites et des enseignements ; on y croise de nombreux étrangers.
  • Karsha :  dans la haute vallée du Zanskar , visite du monastère et de la nonnerie. Accroché à flanc de montagne, il surplombe le village et offre une superbe vue sur la vallée entourée des majestueuses montagnes de l’Himalaya
  • Phuktal : il reste le plus impressionnant, de par sa localisation reculée et par l’altitude ( 4000m ), c’est un des monastères les plus hauts du monde. Ce très vieux monastère, niché dans une immense grotte sacrée semble suspendu à la falaise.

 

Cette liste n’est pas exhaustive mais ce qui rassemble la plupart de ces lieux, c’est une vie simple et rudimentaire, une même ambiance de paix et de sérénité, un accueil chaleureux et la curiosité de faire partager leurs moments de vie.

Moulins à prières géants, peintures de dieux et de déesses, mandala( diagramme ésotérique)  en sable et poudre coloré…un festival de couleurs qui régale les yeux et apaise l’âme.

 

Pour en savoir plus sur les monastères du Zanskar, découvrez ici notre article dédié à ce sujet. 

 

Rencontres avec les habitants

Le Zanskar est un pays unique qui séduit par la force de ses paysages et la gentillesse de ses habitants. Cette immersion chez l’habitant permet de découvrir et de partager les activités traditionnelles : travaux des champs, bergeries et yaks en altitude, préparation de plats typiques.

 

Ce sont des populations curieuses, fières, travailleuses et généreuses :

  • curieuses de savoir d’où l’on vient, de comment on vit : échanges de photos et de cartes postales de nos régions françaises.
  • fières de parler de leur région, de leur familles, de montrer des photos de ceux qui sont allés étudier au loin ( Manali…) travailleuses car dans les villages tous les hommes, femmes, enfants ( qui ne vont pas à l’école ou après l’école) travaillent du lever au coucher du soleil.
  • généreuses par leur facilité à donner beaucoup pour un étranger alors qu’ils possèdent si peu.

 

Ils vivent simplement et sont reconnaissants de ce qu’ils ont, la gentillesse, la bonne humeur et la joie jalonnent leurs journées. On rit beaucoup au Zanskar !

 

Accueil chaleureux, rencontres et échanges enrichissants avec des personnes exceptionnelles :  le Zanskar est une vraie leçon de vie et d’humilité où vit un peuple d’une hospitalité rare.

 

Des treks fabuleux

Arpenter des sentiers  à travers des vallées isolées, des plateaux d’altitude et des hauts cols.

Accrochés à flanc de montagne, suivre des rivières dans des paysages déchirés, surplomber des cultures avec des couleurs qui changent à chaque virage.

Des montées, des descentes qui laissent des images inoubliables en tête.

Des marmottes, des yaks et des thés pris avec les bergers rencontrés.

Des hôtes et des guides aux petits soins avec les marcheurs.

Des rochers sombres, des pâturages parsemés d’edelweiss, des sommets enneigés et des pics qui surgissent du sol.

On marche dans des paysages incroyables : montagnes, canyons, vallées, villages, déserts de pierre…on traverse des rivières majestueuses.

Un délice pour les yeux et les pieds qui finissent par avancer tout seuls devant tant de beauté.

 

Le Zanskar réunit ce qu’il y a de mieux pour les passionnés du trek : cols d’altitude, ambiance sauvage, paysages époustouflants, ermitages reculés.

La fatigue, le froid, l’inconfort sont des défis qui mènent à la rencontre d’une nature belle, dure et sauvage

Ce sont des treks hors du commun pour qui est à la recherche du vrai ,du beau, de l’émotion.

Les treks au Zanskar marquent profondément…  c’est un aboutissement.

 

Un trek au Zanskar pour se retrouver soi-même

Aujourd’hui tout ce qu’on fait est régi par le numérique ( prendre un train, aller au musée…) et en confiant  le moindre détail de notre vie à ce processus, on exclut la possibilité de l’imprévu…alors si on veut échapper au dispositif, il y a la marche.

Marcher c’est retrouver le plaisir du temps, des lieux que l’on traverse, c’est prendre un chemin de traverse dans le rythme effréné de nos vies.

Se retrouver en lien avec la nature, traverser ces grands espaces du Zanskar pour se ressourcer, penser, se recentrer sur l’essentiel, affûter ses sens pour s’ouvrir au monde et aux hommes avec intensité.

Après tout il s’agit simplement de retrouver la condition originelle de l’être humain : mettre un pied devant l’autre au coeur de la nature.

Ce que nous offre le Zanskar c’est d’être présent dans le temps qui nous est donné, c’est d’observer davantage les montagnes , les rivières mais aussi les minéraux, les cailloux, les fossiles, les roches…et c’est cette minéralité qui nous dit ce que nous sommes.

 

Dérobez du temps, faites un pied de nez à la modernité….allez au Zanskar !

 

Linda Lévy

 

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Crédit photo :  Pierre Tabouret, Yoann Vieil, Michel Birouste, Dominique Jacquot avec nos remerciements.