Situé au large des côtes de l’Afrique de l’Ouest, le Cap-Vert possède une histoire riche et complexe, façonnée par les rencontres entre continents, les luttes pour la liberté et l’incroyable résilience de son peuple. Plus qu’un simple paradis tropical, cet archipel est un lieu où chaque pierre, chaque mélodie et chaque sourire portent la mémoire d’un passé intense.
De l’arrivée des explorateurs portugais au XVe siècle à la période coloniale, de la traite des esclaves à la lutte pour l’indépendance, son histoire raconte l’aventure d’un peuple métissé, fier et tourné vers l’avenir. Aujourd’hui, le Cap-Vert est une nation dynamique, où traditions et modernité se rencontrent au quotidien.
Dans cet article, partez sur les traces du passé de l’archipel, et découvrez comment ce patrimoine unique s’exprime encore dans sa culture, son architecture et ses paysages.
Sommaire
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- Les débuts de l’histoire du Cap-Vert
- La colonisation portugaise et la traite des esclaves
- De l’ère coloniale à la lutte pour l’indépendance
- Le Cap-Vert aujourd’hui
- L’impact de l’histoire sur la culture cap-verdienne
- Les sites historiques et naturels à visiter au Cap-Vert
- FAQ : Histoire et voyage au Cap-Vert
Les débuts de l’histoire du Cap-Vert

La véritable histoire du Cap-Vert commence au XVe siècle, avec l’arrivée des explorateurs portugais. Avant cette date, aucune preuve archéologique ne permet d’attester d’une occupation humaine permanente. Certains historiens évoquent la possible présence de navigateurs africains ou phéniciens, mais rien n’est confirmé.
En 1456, les navigateurs Diogo Gomes et Antonio de Noli, au service du prince Henri le Navigateur, posent le pied sur les îles. Rapidement, les Portugais comprennent le potentiel stratégique de l’archipel, situé à la croisée des routes maritimes entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques.
Les premières colonies s’installent sur Santiago et Fogo, transformant l’archipel en avant-poste pour l’expansion portugaise.
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La colonisation portugaise et la traite des esclaves

La première colonie : Ribeira Grande
En 1462, la première colonie voit le jour à Ribeira Grande (aujourd’hui Cidade Velha), sur l’île de Santiago. Cette ville devient la première capitale et un centre névralgique du commerce maritime. Classée aujourd’hui au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle conserve des vestiges coloniaux majeurs, comme le fort São Filipe ou l’église Nossa Senhora do Rosário.
Les Portugais développent d’abord la culture de la canne à sucre et du coton. Mais les terres arides et le manque d’eau limitent la production agricole. C’est alors que le commerce des esclaves devient l’activité principale de la colonie.
Le rôle du Cap-Vert dans le commerce triangulaire
Grâce à sa position stratégique, le Cap-Vert devient un carrefour majeur de la traite négrière. Les navires embarquent ici des milliers d’esclaves capturés en Afrique de l’Ouest, destinés aux plantations des Amériques. Les escales à Santiago permettaient de ravitailler les bateaux en eau, nourriture… et en main-d’œuvre servile.
Cette période tragique a profondément marqué l’identité cap-verdienne. C’est à cette époque qu’apparaît le créole cap-verdien, une langue née du mélange entre le portugais et les langues africaines, qui reste aujourd’hui la langue du cœur pour la majorité des habitants, bien que le portugais demeure officiel.
De l’ère coloniale à la lutte pour l’indépendance

Le Cap-Vert à l’époque coloniale
Aux XVIe et XVIIe siècles, le Cap-Vert connaît une période de prospérité grâce au commerce des esclaves. Mais cette richesse attire aussi les convoitises : pirates et corsaires français, anglais et hollandais attaquent régulièrement les îles.
Le déclin s’amorce au milieu du XVIIe siècle lorsque l’Espagne et d’autres puissances prennent l’avantage dans la traite négrière, traçant de nouvelles routes maritimes. L’économie cap-verdienne, basée sur la traite des esclaves et la culture du coton, s’effondre.
En 1712, un coup dur supplémentaire survient : le corsaire français Jacques Cassard attaque et détruit Ribeira Grande. Les colons déplacent alors la capitale à Praia en 1770.
Le tournant de l’histoire du Cap-Vert : famines et révoltes
L’abolition de l’esclavage en 1876 prive l’archipel de sa principale ressource économique. L’aridité du climat, le manque d’opportunités et la pauvreté généralisée entraînent de terribles famines au XIXe et début du XXe siècle. On recense sept grandes famines, causant la mort de plus de 300 000 personnes et l’exil de milliers d’habitants.
Parmi les événements marquants, la révolte de Ribeirão Manuel en 1910 reste un symbole fort. Sur l’île de Santiago, des femmes affamées envahissent les terres d’une propriétaire pour réclamer de quoi nourrir leurs familles. La répression est violente, mais la mobilisation de la population oblige les autorités à prendre en compte les revendications des agriculteurs. Cet épisode incarne la résilience et la solidarité du peuple cap-verdien face à l’injustice.
La lutte pour l’indépendance du Cap-Vert
Au XXe siècle, le vent du changement souffle sur l’Afrique. En 1956, Amílcar Cabral fonde le PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), militant pour la fin de la domination portugaise. Après des années de mobilisation et de combats politiques, le Cap-Vert obtient son indépendance le 5 juillet 1975, après plus de 500 ans de colonisation.
Aristides Pereira, membre du PAIGC, devient le premier président du pays, instaurant un régime à parti unique, remplacé en 1991 par un système multipartite avec des élections démocratiques.
Aujourd’hui encore, cette lutte pour la liberté est au cœur de l’identité nationale et inspire de nombreux projets de tourisme équitable et solidaire au Cap-Vert, qui mettent en avant l’histoire et la culture locales.

Le Cap-Vert aujourd’hui

Après l’indépendance, le Cap-Vert a dû relever d’importants défis économiques, sociaux et environnementaux. L’isolement géographique, la faiblesse des ressources naturelles et la dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure ont compliqué le développement du pays.
Pour diversifier son économie, l’archipel a misé sur l’agriculture, la pêche, et surtout le tourisme. Ses plages de sable blanc, ses paysages volcaniques et la chaleur de son peuple en font une destination de plus en plus prisée.
Aujourd’hui, le tourisme est un moteur économique, mais son essor rapide pose la question de la préservation de l’environnement et des traditions. C’est pourquoi des acteurs comme Rencontres au bout du monde défendent un voyage au Cap-Vert équitable et solidaire, au plus près des habitants
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L’impact de l’histoire sur la culture cap-verdienne

Une identité forgée par la résilience
Malgré un passé marqué par l’esclavage, les famines et la colonisation, le Cap-Vert a su transformer ses épreuves en force. Près de 80 % de la population est métissée, héritage direct des échanges et de la traite négrière.
La langue créole cap-verdienne, née à l’époque coloniale, reste aujourd’hui le principal vecteur d’expression culturelle.
La musique, du batuque à la morna, traduit les émotions et l’histoire du peuple cap-verdien.
Pour vivre pleinement ces traditions, les circuits de Rencontres au bout du monde proposent une immersion dans le village de Longueira à Santiago, notamment auprès du groupe féminin “Finka pé”, qui perpétue le batuque.

Un patrimoine culturel vivant
Le patrimoine culturel du Cap-Vert reflète la diversité de ses influences.
- Musique et danse : Césaria Évora a rendu la morna célèbre dans le monde entier, mais la coladeira, le funaná ou encore le batuque sont tout aussi emblématiques. Retrouvez tous ces styles dans notre article sur la musique du Cap-Vert.
- Langue : le créole, parlé au quotidien, et le portugais, langue officielle.
- Cuisine : plats emblématiques comme la cachupa, le pastel com diabo dentro, mêlant saveurs africaines, européennes et sud-américaines.
- Artisanat : vannerie, poterie, tissus traditionnels aux motifs colorés.
Voyager avec Rencontres au bout du monde permet de découvrir ces richesses en immersion, accueilli chez l’habitant, pour partager repas, musique et traditions.
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Les sites historiques et naturels à visiter au Cap-Vert

Cidade Velha (Santiago), UNESCO
Ancienne capitale et première colonie portugaise, Cidade Velha est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y visite le fort São Filipe, l’église Nossa Senhora do Rosário et la célèbre Rua Banana. Un lieu incontournable pour comprendre la colonisation portugaise et ses traces dans l’architecture.
Pico do Fogo (Fogo)
Le volcan actif du Pico do Fogo culmine à 2 829 m. L’ascension offre des panoramas spectaculaires sur l’océan et les paysages lunaires. Le centre historique de São Filipe, avec ses maisons coloniales colorées (Sobrados), complète la découverte.
Santo Antão, paradis des randonneurs
Connue pour ses montagnes vertigineuses et ses vallées verdoyantes, Santo Antão est idéale pour la randonnée. On traverse des sentiers pavés, des plantations et des villages pittoresques, souvent accessibles uniquement à pied.

FAQ : Histoire et voyage au Cap-Vert
1. Qui a découvert le Cap-Vert ?
Les navigateurs portugais Diogo Gomes et Antonio de Noli, au XVe siècle.
2. Pourquoi le Cap-Vert a-t-il été important dans le commerce triangulaire ?
Grâce à sa position stratégique, il servait de base logistique pour la traite négrière entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques.
3. Quand le Cap-Vert est-il devenu indépendant ?
Le 5 juillet 1975, après plus de 500 ans de colonisation portugaise.
4. Quels sont les principaux sites historiques à visiter ?
Cidade Velha (UNESCO), le Pico do Fogo et ses villages, les sentiers et villages de Santo Antão.
5. Quelle est la langue parlée au Cap-Vert ?
Le portugais (officiel) et le créole cap-verdien (langue du quotidien).
À retenir…
L’histoire du Cap-Vert est celle d’un peuple qui a su transformer les épreuves en force et en culture vivante. De la colonisation à l’indépendance, de la traite négrière à la construction d’une identité unique, chaque étape a laissé son empreinte.
Aujourd’hui, l’archipel séduit par sa richesse culturelle, ses paysages spectaculaires et l’hospitalité de ses habitants. Avec Rencontres au bout du monde, partez en voyage au Cap-Vert en immersion chez l’habitant et découvrez un pays où l’histoire se vit encore au quotidien.
